Tour d’horizon international et avancées en France
Pourquoi parler de réglementation ?
La naturopathie connaît aujourd’hui un essor mondial. Pour le public comme pour les professionnels, comprendre ce qui relève de la prévention, de l’éducation à la santé ou des actes médicaux réservés aux médecins est essentiel. Il en va de la sécurité, de la lisibilité et de la confiance envers cette discipline.
Partout dans le monde, les approches varient : certains pays protègent le titre, d’autres encadrent la formation ou l’exercice.
En France, la dynamique est portée par le travail de normalisation AFNOR conduit par le Collectif Naturopathie (AFNAT, APHN, APNF, FENA, OMNES, SPN).
L’objectif : offrir un cadre clair, partagé et exigeant, au service des praticiens, des institutions et du public.
Panorama international
La World Naturopathic Federation (WNF), organisation mondiale représentant les associations professionnelles et les établissements d’enseignement en naturopathie, joue aujourd’hui un rôle central dans la structuration internationale de la profession.
Elle regroupe plus de 80 associations membres issues de plus de 50 pays et œuvre à la reconnaissance du métier, à la définition de standards éducatifs et à la promotion de la recherche scientifique en naturopathie.
Selon la WNF, la naturopathie est pratiquée dans 108 pays à travers le monde et réglementée dans 34 d’entre eux, démontrant une dynamique globale d’encadrement et de professionnalisation.
La Fédération collabore étroitement avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour harmoniser les définitions, soutenir la qualité des formations et encourager l’intégration de la naturopathie dans les politiques de santé publique axées sur la prévention et la promotion de la santé.
Parmi les pays qui ont déjà instauré un cadre légal ou institutionnel fort, on retrouve notamment :
- Portugal : intégration dans les Thérapies Non Conventionnelles (Loi n°71/2013) ;
- Allemagne : exercice sous le statut de Heilpraktiker ;
- Suisse : reconnaissance fédérale avec Diplôme fédéral de naturopathe ;
- États-Unis et Canada : reconnaissance dans plusieurs États et provinces, avec examen national NPLEX et diplômes accrédités par le CNME.
Ces exemples montrent que la réglementation peut prendre différentes formes : protection du titre, reconnaissance académique ou autorisation d’exercice encadrée.
En Europe, la WNF continue de soutenir les démarches de reconnaissance auprès des institutions européennes et nationales, dans l’objectif d’une harmonisation des standards et d’une coopération accrue entre les pays membres.
Une pratique plébiscitée par les Français
Selon les études les plus récentes, 71 % des Français ont déjà eu recours à des pratiques de santé non conventionnelles (source : OMS). Ce chiffre traduit une attente sociétale forte en matière de prévention et d’approches naturelles, mais aussi la nécessité d’un encadrement clair pour garantir la sécurité, la qualité et la transparence des pratiques.
Dans ce contexte, le CENATHO occupe une place unique : il est la seule école française reconnue comme Educational Member de la World Naturopathic Federation (WNF).
À ce titre, le programme de formation en naturopathie du CENATHO répond aux critères internationaux définis par la Fédération, assurant ainsi une formation conforme aux standards mondiaux en matière de contenu, d’éthique et de professionnalisation.
Le cas français : où en est-on aujourd’hui ?
1) Pas de profession réglementée (à ce jour)
- Le titre « naturopathe » n’est pas protégé par la loi.
- Actes réservés : tout diagnostic médical, prescription, soins médicaux et la publicité trompeuse sont interdits aux non-médecins. Le naturopathe intervient dans le champ de l’éducation à la santé, de l’hygiène de vie et de la prévention (hors pathologie).
Cependant, il peut accompagner des personnes malades dans le cadre de la santé intégrative, en complément du suivi médical et en lien avec les équipes soignantes.
Les naturopathes sont ainsi incontournables en soins de support, notamment dans les programmes d’accompagnement en cancérologie, dans les structures de rééducation ou de gestion des pathologies chroniques.
Les initiatives actuelles en France dans le champ de la médecine intégrative reconnaissent et réservent une place croissante à la naturopathie, en raison de sa contribution à la qualité de vie, à la prévention des rechutes et à l’autonomisation des patients.
2) Une dynamique de structuration
- Le Collectif Naturopathie, regroupant plusieurs associations et fédérations (AFNAT, APHN, APNF, FENA, OMNES, SPN), finalise actuellement la rédaction d’une norme AFNOR.
- Intérêt de la norme : offrir un référentiel exigeant pour les organismes de formation et les professionnels et un repère de qualité pour le public et les pouvoirs publics. Cette norme ne remplace pas une loi, mais elle peut préfigurer un futur cadre réglementaire.
3) Un débat public actif
- Nécessité d’un vocabulaire précis : la naturopathie s’inscrit dans les pratiques complémentaires (prévention, hygiène de vie, éducation à la santé), à distinguer de la médecine conventionnelle qui traite les pathologies.
- Attentes sociétales : demande croissante de prévention, de pédagogie et d’accompagnement global. Les controverses rappellent l’importance de repères clairs, de formation rigoureuse et de coopération entre naturopathes et professionnels de santé.
Et au niveau européen ?
Le Parlement européen a adopté en 1997 une résolution sur les médecines dites non conventionnelles, invitant les États et la Commission à mieux documenter, encadrer et reconnaître ces pratiques (travaux Lannoye).
Ce texte n’a pas force de loi, mais il a posé les bases d’une réflexion commune.
L’engagement du CENATHO et de l’AFNAT
Le CENATHO et l’AFNAT soutiennent un modèle exigeant, responsable et ouvert :
- Qualité de formation : référentiels solides, culture scientifique, pratiques expérientielles et éthique professionnelle.
- Périmètre clair : éducation à la santé et hygiène de vie ; orientation systématique vers le médecin en cas de signes pathologiques ou d’urgences.
- Dialogue interprofessionnel : construction de ponts avec la médecine conventionnelle pour contribuer à la prévention et à la santé intégrative.
- Transparence vis-à-vis du public : information loyale, consentement éclairé, documentation et traçabilité.
Avancer utilement : les 5 axes prioritaires
- Achever et promouvoir la norme AFNOR comme référentiel partagé (professionnels, usagers, pouvoirs publics).
- Clarifier publiquement le périmètre (prévention/éducation vs. soins médicaux) pour éviter les dérives et sécuriser les usagers.
- Encourager la formation continue, la supervision et l’adhésion à un code déontologique reconnu.
- Organiser les coopérations avec le système de santé (repérage des signaux d’alerte, adressage, prévention primaire).
- Favoriser l’évaluation : encourager des études sur les effets des programmes d’hygiène de vie (sommeil, alimentation, stress, activité physique) et sur l’impact sociétal (prévention, QVT, éducation à la santé).
En conclusion
La France se trouve à un carrefour : l’encadrement légal n’existe pas encore, mais la normalisation en cours et les travaux du Collectif Naturopathie tracent une voie crédible vers plus de qualité, de clarté et de sécurité.
Le CENATHO et l’AFNAT, œuvrent activement à cette structuration, convaincues que la naturopathie a un rôle essentiel à jouer dans la prévention, les soins de support et l’éducation à la santé.
Références et pour aller plus loin
- World Naturopathic Federation (WNF) – Global Overview & Educational Standards.
- États-Unis/Canada : CNME (accréditation), NABNE/NPLEX (examens).
- Suisse : Diplôme fédéral de naturopathe (ODA/AM, DAKOMED, registres cantonaux).
- Portugal : Loi n° 71/2013 (Thérapies Non Conventionnelles).
- Allemagne : Loi sur les Heilpraktiker.
- UE : Résolution du Parlement européen (1997) sur les médecines non conventionnelles.