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Qu’est-ce que la sophrologie

Sommaire de l'article

Une définition de la sophrologie.

Définir la sophrologie est véritable défi.

Car derrière ce mot que tout le monde connaît, ou croit connaître, se cachent bien des idées reçues. Est-ce une pratique sérieuse ou simplement une forme de développement personnel ? Une mode ? Une sorte de psychothérapie ? Ou bien est-ce tout cela… et bien davantage ? Et si cette pratique pouvait vous concerner, vous aussi ?

Peu de personnes sont capables d’expliquer clairement ce qu’est la sophrologie !

Et, bien que cela semble surprenant chaque sophrologue a sa propre définition !

En général, on a tendance à penser que …

« C’est de la relaxation … »

«On nous apprend à respirer »

« C’est comme la méditation ou un peu comme l’hypnose ! »

« Des visualisations positives de nature, de campagne » !

Alors ça ressemble à l’hypnose ?

« Ben…non… ! »

C’est quoi la différence ?

« Ce n’est pas la même chose ! »

« J’ai déjà fait de la sophro en suivant une méditation sur youtube, çà n’a pas marché »

Donc c’est comme la méditation j’en fais avec « Petit Bambou » !

« Non c’est différent ! »

Alors c’est quoi la différence alors entre la méditation, l’hypnose et la sophro ?

J’ai entendu ce dialogue maintes fois … il montre très bien plusieurs choses :

  • La plupart des personnes mélangent sophro/ hypnose/méditation
  • En dehors des définitions académiques qu’on trouve partout la sophrologie n’est pas si simple à définir

Et même pour ceux qui la pratiquent : clients ou professionnels ne sont pas forcément clairs ni d’accord dans leurs définitions

Alors, essayons malgré tout de répondre à cette f question. Ou plutôt… essayons d’y répondre sous plusieurs angles. Car vouloir enfermer la sophrologie dans une seule définition reviendrait un peu à vouloir définir la musique en disant qu’il s’agit simplement d’une succession de notes. Ce serait exact… mais profondément incomplet.

La définition historique : celle de son fondateur.

Pour Alfonso Caycedo, neuropsychiatre qui crée la sophrologie en 1960, il s’agit de « l’étude de la conscience en harmonie ».

Définition élégante, mais qui laisse le public perplexe et surtout sans compréhension de ce qu’on y fait. Et si cette définition est fidèle à l’esprit de la sophrologie, elle ne parle pas spontanément à celui qui cherche à comprendre ce que c’est et surtout à connaitre son contenu.

Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Qu’est-ce qu’une conscience en harmonie ? [GP1] Comment l’étudie-t-on ? Et surtout, à quoi cela sert-il dans la vie quotidienne ?

La définition pratique :

Si je devais répondre à quelqu’un qui me demande ce qu’est la sophrologie, je dirais probablement :

C’est un entraînement pratique qui permet de développer une meilleure relation avec soi-même : une relation avec son corps, ses émotions, ses pensées, le temps, les ressources internes. Elle ne cherche pas à nous changer mais nous aide à être davantage présents à ce que nous sommes à l’intérieur[GP2] .

La définition pédagogique : sophrologue depuis plus de 30 ans, et référente pédagogique au Cenatho, j’aime aussi présenter la sophrologie comme une véritable pédagogie.

Elle nous apprend à observer plutôt qu’à subir, à ressentir plutôt qu’à analyser et réfléchir sans fin, à reconnaître les signaux de son corps avant qu’ils ne deviennent des cris d’alarme. A mobiliser volontairement ses ressources intérieures lorsque les circonstances deviennent difficiles, mais et surtout à réguler notre système nerveux si sollicité aujourd’hui.

Un des principes les plus importants de la sophrologie est le principe d’action positive, souvent mal compris. Car ce n’est pas « chasser le négatif » pour mettre du positif partout comme certains ont tendance à le croire, mais ce principe fondamental dit que toute action positive sur le corps a une action positive sur la psyché (et que toute action positive dans la psyché a une action positive sur le corps. Et la sophrologie travaille sur les deux : elle associe des mouvements très doux debout, assit ou allongé, elle propose des respirations très spécifiques, des visualisations adaptées à chaque client, ce que l’on ne peut pas trouver sur Internet.  Le tout organisé en degrés progressifs. Et elle permet de développer progressivement des compétences qui pourront être utilisées tout au long de la vie.

La définition scientifique :

Sous l’angle des neurosciences, la sophrologie est un ensemble de techniques qui sollicitent plusieurs mécanismes aujourd’hui mieux connus et qui prouvent que les intuitions et les observations de Caycedo étaient visionnaires.

Les recherches actuelles montrent que la respiration volontaire influence le système nerveux autonome, que le relâchement musculaire modifie les circuits de tension entre le corps et le cerveau, que les visualisations activent des réseaux neuronaux proches de ceux de l’expérience réelle et que l’attention portée aux sensations corporelles améliore la régulation émotionnelle.

La sophrologie utilise donc utilise des capacités naturelles du cerveau et du corps et nous apprend à les mobiliser de façon consciente.

La définition philosophique :

Aucune des définitions précédentes ne suffit complètement.

Car, au fond, la sophrologie est peut-être avant tout une manière d’habiter son corps et sa vie.

Dans une société qui nous pousse constamment à être ailleurs — dans le prochain rendez-vous, la prochaine notification, la prochaine inquiétude — elle nous invite à revenir en nous.

À retrouver le contact avec l’instant présent, faire une pause sans culpabilité, prendre conscience de ce qui est vivant en nous, non pas pour fuir le monde, mais pour y être davantage présent.

Alors… qu’est-ce que la sophrologie ?

Aujourd’hui, je réponds volontiers : c’est une méthode qui nous apprend à vivre avec davantage de présence, de liberté intérieure et d’équilibre, en mobilisant les ressources naturelles du corps et de la conscience.

C’est un apprentissage qui permet de mieux réguler le système nerveux, de développer la conscience de soi, des autres, afin de vivre sa vie avec davantage de liberté, de présence et d’équilibre en mobilisant les ressources naturelles du corps et de l’esprit.

Mais au-delà de toutes ces explications, ce qui permet le mieux de la comprendre est encore de l’expérimenter. Car la sophrologie possède une particularité rare : on peut la décrire pendant des heures, mais on la comprend véritablement… le jour où on la vit.

Un de mes maîtres disait : « si vous me demandez quel goût a une papaye, je pourrais vous le décrire pendant des heures, mais pour connaitre le goût de la papaye, il n’y a qu’une solution : la goûter, et encore ! Car une seule bouchée ne suffit pas : une papaye n’a jamais tout à fait le même goût selon sa maturité, son origine, et le moment où on la déguste.

Notre sophrologie, dame de bientôt 67 ans ressemble un peu à cette papaye là….

Pourquoi est-il si difficile de définir la sophrologie ?

À bien y réfléchir, cette difficulté n’est pas propre à la sophrologie.

Essayez de définir en une phrase ce qu’est la musique, ou l’amour, ou l’éducation, ou même la psychologie … très vite, on s’aperçoit qu’une seule définition ne suffit pas.

La sophrologie appartient à cette catégorie de disciplines qui peuvent être regardées sous plusieurs angles, tous justes… mais tous incomplets. Comme vu précédemment, le médecin y verra une méthode d’accompagnement de la santé, le psychologue un outil favorisant la régulation émotionnelle le neuroscientifique s’intéressera aux effets de la respiration, de l’attention et de la représentation mentale sur le cerveau, le philosophe y reconnaîtra une pratique de la conscience, le sportif parlera de préparation mentale, l’entreprise y verra un moyen de prévenir le stress et l’épuisement professionnel.

Le sophrologue, lui, y retrouvera souvent un peu de tout cela… sans pouvoir réduire sa pratique à l’un de ces aspects.

C’est précisément cette richesse qui rend la sophrologie ouverte à une pluralité de définitions et d’interprétations. Ce qui permet d’ailleurs à chacun d’y trouver ce qui lui convient mais laisse parfois la place à des confusions.

Une discipline à la croisée de plusieurs chemins

La sophrologie n’est pas née de rien mais d’une synthèse entre de nombreuses disciplines.

Alfonso Caycedo était neuropsychiatre. Il a construit progressivement sa méthode en s’inspirant de nombreuses disciplines : la médecine, la neurologie, la psychiatrie, mais aussi l’hypnose, le training autogène de Schultz, la relaxation progressive de Jacobson et, lors de ses voyages, certaines pratiques contemplatives orientales.

Il ne s’agissait pas de juxtaposer ces influences, son ambition était de créer une méthode cohérente, adaptée à la culture occidentale, permettant à chacun de développer une meilleure connaissance de lui-même. Et cette origine explique pourquoi la sophrologie possède plusieurs « langues » : celui du corps, celui des émotions, celui de la conscience, parfois celui des neurosciences.

Et, selon l’interlocuteur, c’est l’une ou l’autre de ces langues qui sera mise en avant.

Une méthode… mais aussi une expérience

C’est là que réside la plus grande difficulté.

La sophrologie est une méthode très structurée. Mais aussi une expérience.

On peut expliquer pendant une heure le fonctionnement d’une respiration consciente (souvenons-nous de la papaye…), décrire avec précision les mécanismes neurophysiologiques impliqués, présenter les protocoles cela se fait parfois (hélas) aujourd’hui, les techniques, les indications tout cela est utile, mais ne remplacera jamais les quelques minutes où une personne découvre, pour la première fois, le goût de SA propre papaye : c’est-à-dire qu’elle est capable d’apaiser son agitation intérieure simplement en portant son attention autrement.

A partir de là, il aura envie de la déguster plein d’autres fois, et plus il la dégustera, plus il se rendra compte des subtilités de son goût.

À cet instant, toute définition devient inutile, l’expérience parle d’elle-même.

Article rédigé par Catherine Jamet, sophrologue depuis 30 ans et référente pédagogique de la formation au CENATHO.

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